Introvertie & épanouie

Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours été une personne au tempérament calme, réfléchi, très (trop ?) rêveuse. J'ai toujours été soucieuse des détails, attentive au monde qui m'entoure, préférant rester loin de la foule et de l'agitation. Petite fille jugée "sage", trop sérieuse ou encore timide, adolescente jugée solitaire et froide, j'étais simplement sur la réserve, attendant, observant, non pas par méfiance mais tout simplement parce que c'était dans ma nature.
J'ai aujourd'hui 26 ans et je me considère comme une jeune femme à l'énergie débordante intérieurement ; avec cependant mon petit grain de folie, n'allez pas croire que je ne sais pas rire aux éclats, faire l'idiote et remuer sur le rythme de la musique comme si personne ne me voyait... parce que c'est tout le contraire aha. Je montre plutôt facilement mes émotions et parle de mes ressentis face aux gens que j'aime, j'ai aussi un grand besoin de calme, de tranquillité ; de me sentir en sécurité. Je rechigne facilement face aux soirées que peuvent organiser les personnes de mon âge, à grands recours d'alcool, de musique (trop) forte ; de défis farfelus ou de fiesta qui peuvent durer jusque tard dans la nuit. Ce n'est pas pour moi ! A l'inverse, je vais adorer passer des soirées tranquilles chez moi, avec mon amoureux devant un film ou à lire un bon livre ; je préférerais mille fois mieux être en petit comité en compagnie de personnes que j'apprécie plutôt qu'être au milieu d'un groupe où je ne connais pratiquement personne. Je peux très bien être seule, sans un bruit si ce n'est celui de la nature sans que cela m'ennuie ; je vais adorer faire la cuisine et concocter des gâteaux ; écrire pendant parfois des heures ; m'amuser à prendre des photos de ce qui m'entoure ; m'éloigner de la foule lorsqu'on visite de nouvelles villes avec mon chéri pour découvrir des endroits reculés mais magnifiques. J'ai ce besoin de me ressourcer et je ne pourrais pas ne pas me l'accorder.
A vous qui lisez ces mots, où que vous soyez et quoique vous fassiez, vous reconnaissez-vous dans ces mots ? Si c'est le cas, alors vous avez peut-être, comme moi, eu des moments où vous vous sentiez exclu ; jugé solitaire, insociable, parce que vous appréciez des activités qui ne sont pas classées comme être "de votre âge", peu excitantes sur le papier mais qui pourtant vous font un bien fou. Alors vous avez essayé. A force d'avoir honte de rester un samedi soir dans votre canapé, vous avez décidé d'accepter de faire comme la norme. Après tout, quel pénible vous feriez si vous demandiez à vos amis de rentrer, alors qu'eux semblent follement s'amuser dans cette boite de nuit. Pourtant ça ne vous plait pas, et vous troquerez bien votre place contre un bon livre au coin du feu.
Peut-être vous a-t-on reproché d'être trop sérieux, pas assez déluré ; pas assez relâché ou tout simplement complètement à côté de vos pompes.

Alors où est le "problème" ? Est-ce vous, êtes-vous vraiment cette personne rabat-joie que les autres décrivent ? Peut-être ne savez-vous pas vous amuser... Peut-être qu'ils ont raison.
Ou alors, il est temps pour vous de respecter vos envies intérieures, ce vrai vous, celui qui s'agite et remue ; qui possède cet instinct lorsqu'il sent que vous vous éloignez de ce que vous êtes réellement.

Aujourd'hui je vais parler avec vous de ce qu'est l'introversion, en espérant de tout coeur pouvoir vous redonner confiance, vous rebooster et vous aider à mieux vous affirmer et à vous sentir bien dans ce que vous êtes, sans vous changer. S'accepter est la première et plus grosse étape à franchir et c'est justement ceci qui peut vous ouvrir bien des portes !

❂ L'introversion en quelques mots

On qualifie l'introversion en plusieurs facteurs ; certaines études disent même qu'il existerait plusieurs types d'introversion. Dans tous les cas, une personne introvertie se définit par cette tendance à se tourner vers l'intérieur, à se concentrer sur ses pensées et ses émotions, ses sentiments.
Ça ne veut pas dire qu'elle refuse tout contact extérieur, bien au contraire ! Mais tout simplement que l'introverti aura besoin, plus qu'un autre, de calme et d'intériorisation pour se ressourcer et recharger ses batteries ; à l'inverse de l'extraverti qui lui aura besoin de sollicitation extérieure, de relations sociales en dehors de son cercle connu pour se remplir d'énergie. Une personne extravertie vivra donc plus difficilement la solitude (puisqu'il tire son énergie de l'extérieur) tandis que l'introverti la cherchera davantage.

C'est comme si vous imaginiez le chaud et le froid ; les deux sont des extrêmes opposés, mais aucun n'est mauvais ni moins bien que l'autre. Ils ont tous deux leurs qualités, leurs particularités, leur complémentarité.

Les personnes introverties auront donc forcément comme traits communs un certain calme, ce sont généralement des personnes plus réservées. Elles apprécieront les activités calmes et intimistes ; elles sont souvent pensives, chercheront à comprendre les détails ou à accorder beaucoup d'importance à ceux-ci ; elles auront parfois plus de mal à se mettre en avant, à parler d'elles puisque c'est quelque chose qui n'est pas forcément naturel. On estime aussi que l'introverti a le goût du travail bien fait (qui le pousserait au perfectionnisme), ainsi qu'une plus grande écoute que la moyenne.
Bien sûr, tout ceci sont des généralités, tirées des études du connu Carl Gustav Jung sur les définitions et distinctions entre l'introversion et l'extraversion chez les personnes. Personne n'est extraverti ou introverti pur, l'être humain est fait de subtilités, de nuances et c'est ce qui nous rend tous uniques et si intéressants. Un introverti n'est pas une "classe" de personnes fixe, ni même une case d'où on ne peut en sortir ; ce n'est pas non plus un défaut. C'est simplement un trait de personnalité comme un autre. Ce n'est pas non plus une faiblesse et c'est là où le terme d'introverti est souvent mal interprété : il est généralement associé à une certaine timidité, ce qui n'est pas le cas, puisque la timidité est la peur d'être mal jugé, la peur d'être ridicule lors d'une prise de parole en public par exemple ; la timidité est la peur inconsciente du regard d'autrui. Pour un introverti, la prise de parole en public, pour reprendre cet exemple, ne sera pas forcément anxiogène (elle pourra l'être, mais pour des facteurs autres que ceux liés à la timidité).
Là où la timidité paralyse, est source de stress profond, l'introversion est quant à elle un état d'esprit qui se veut calme et qui aura peut-être un goût moins prononcé pour les discours en grande assemblée puisque ce sera quelque chose qui pompera son énergie. Ce sont donc vraiment deux choses différentes, mais qui sont souvent sources de confusion au sein de notre société.

❂ De l'introversion à l'acceptation de soi

Il n'est pas toujours aisé pour une personne introvertie de trouver sa place dans des milieux où l'on accorde une grande importance à la valorisation ; où il faut savoir parler de soi, sans paraître prétentieux ni hautain mais en sachant expliquer le pourquoi du comment l'entreprise aura forcément besoin de vous. Il peut être compliqué de faire comprendre à vos amis que vous n'avez pas une folle envie d'aller faire la java jusqu'à pas d'heure et que vous rêvez à l'inverse d'un bon bain chaud accompagnée d'une bonne lecture... Il peut parfois y avoir un long chemin à parcourir avant de savoir précisément ce qui nous convient, ce qu'on accepte par envie ou par obligation ; par peur de décevoir ou de passer à côté de certaines choses. On peut très facilement décider de paraître avant d'être : le souci étant alors de ne pas être en accord avec vous-même ; au fond de vous, vous le savez, vous n'êtes pas bien, pas à l'aise, mais vous prétendez que la situation vous convient alors qu'en fait... pas vraiment. Est-ce une honte ? Non. Est-ce que ça fait de vous quelqu'un de bizarre ? Non plus. Comme dit auparavant, chaque personne est différente et il n'y a pas de bonne ou de mauvaise place. La seule bonne place est celle qui vous rend heureux.

J'ai toujours entendu dire que j'étais une petite fille très calme, qui, bien avant de savoir lire avait déjà des livres dans les mains et s'inventait des histoires uniquement grâce aux images présents dans les albums. J'étais attentive à l'école et avait une mémoire impressionnante sans faire trop d'efforts ; avec mes camarades, j'avais le contact facile et une bonne sociabilité même si je ne m'entourais au final que d'une ou deux amies. Puis est venue l'adolescence, plus compliquée (comme pour beaucoup) où les événements ont faits que je me suis renfermée comme une coquille. Là aussi, j'avais pourtant le contact facile et un amour pour les gens qui était naturel, même si j'aimais prendre mon temps avant de tisser des liens durables.
A ce moment de ma vie, mon introversion était devenue un complexe, quelque chose dont j'avais honte : je n'étais pas la fille populaire ; je n'étais pas celle qu'aimait les garçons. J'étais un peu celle qu'on surnommait l'intello de service, le nez toujours dans les livres, l'air penseur et un peu dans les nuages. Alors comme beaucoup à cet âge, j'ai tenté de me "fondre" dans la masse, en espérant que je serais plus acceptée, plus appréciée... et forcément ça n'a pas fonctionné du tout ! Encore pire : je me mentais à moi-même et ne savait plus qui j'étais (si seulement je savais à l'époque qui j'étais, ce qui n'est pas toujours le cas à quatorze ans).

Et puis... le "drame". Les années ont passé et avec elles plusieurs comportements se sont manifestés : j'ai développé une crainte des autres, liée à des souvenirs moins glorieux de mon adolescence ; j'ai réellement pensé à cette période que je ne pourrais plus sortir de ma coquille. Elle me protégeait, certes, mais me confinait là où je croyais que rien ne pourrait m'arriver, en mauvais comme en bien.
Tout ça fait partie de mon passé, de ce qui a contribué à faire ce que je suis actuellement. Tout ça n'a pas de lien avec l'introversion en elle-même, mais tout ces éléments vous montrent que même moi, pour qui ça n'était pas gagné d'avance, j'ai finir par m'épanouir et à m'aimer.
Il a suffi d'un déclic. Pour que cette coquille finisse par se fendiller et que je réalise que j'avais tant à découvrir et à apprécier de la vie. Pour que j'ose enfin aller dans la direction qui semblait faite pour moi ; en l'occurrence, intégrer une école d'esthétique pour y apprendre à masser (puisque j'adorais ça), mais ça n'avait pas été chose aisée de me lancer dans cette aventure. Les apriori, la peur de retourner dans un cadre dit scolaire... De petit oisillon fragile et fragilisé, j'avais poussé la porte d'un nouveau monde. Petit à petit, j'ai appris à être moi-même, à me dévoiler telle que j'étais réellement, avec mes envies, mes préférences, ma personnalité. Je n'étais toujours pas la fille excentrique qu'on entendait à l'autre bout de l'école, non non ! mais j'ai réalisé que je n'avais pas besoin d'être quelqu'un d'autre pour être appréciée et surtout... pour me sentir bien dans mes baskets.
Et vous savez ce qui est le plus fou ? C'est réellement quand j'ai commencé à m'assumer telle quelle qu'il m'a été plus simple de nouer des amitiés durables, d'apprendre à refaire confiance. En réalité, ce n'est pas si fou que ça, après tout on n'attire que ce qu'on est...

J'ai appris que cette personnalité un peu réservée qui me caractérise, ce calme, cette empathie et cette générosité étaient en fait des alliés de taille, qu'il me fallait utiliser à bon escient. Que la douceur et la gentillesse n'étaient pas obligatoirement des signes de faiblesse, mais bien une force dans mon métier et dans la vie de tous les jours. Que savoir apprécier les moments de calme n'était pas donné à tout le monde et que j'avais de la chance.
Que derrière cette apparente discrétion, je pouvais arriver à me distinguer, à faire la différence, à ma façon.

Que je pouvais être aimée et respectée, parce que j'avais du respect pour les autres mais aussi avant tout pour moi-même. C'est, je crois, ce qui a été l'une de mes plus grandes leçons de vie.
J'ai ainsi appris que je pouvais être importante dans le regard de l'autre.

Le plus grand conseil que je peux vous donner, au final, c'est : aimez-vous, tel que vous êtes, et croyez-moi vous n'attirerez que du positif. Sachez apprécier ce que la nature vous a offert ; elle a eu des bonnes raisons de le faire. N'essayez pas de faire de vous quelqu'un d'autre ; ce n'est qu'ainsi que vous perdrez toute votre saveur, toute votre originalité. Ne cherchez pas très loin... tout ça, vous l'avez déjà.
En vous.

2 commentaires

  1. Tu décris vraiment bien ce que j'ai ressentie une grande partie de ma vie, l'impression d'être différente des autres.
    On me disait très mûre, ce qui, venant des adultes était un compliment, mais plutôt négatif de la part de ceux de mon âge. Trop sérieuse, trop calme, trop réfléchie, pas assez marrante...j'étais tellement mieux plongée dans mes livres!!
    Pour moi s'est mon entrée dans le monde du travail qui m'a aidé à me sentir à ma place, j'avais enfin trouvé quelque chose qui me ressemblé et dans lequel j'étais à l'aise. J'ai appris à avoir confiance en moi. Les bons moment mais surtout les épreuves m'ont rendus plus forte et font de moi ce que je suis aujourd'hui : je toujours aussi calme, posée, mais je une battante, qui voit toujours le bon côté des chose, toujours de bonne humeur, une personne sur qui les gens sente qu'ils peuvent s'appuyer et à qui on se confie. Je suis ce que je suis et depuis que j'ai réaliser ça, je suis épanouis et à l'aise avec les personnes qui me correspondent.
    Très beau temoignage que tu fais là, je pense que je ne serai pas la seule à me reconnaître dans ce que tu décris.
    À très bientôt
    Céline

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    1. Merci à toi pour ton retour et pour avoir partagé ton cheminement ! C'est exactement ça en fait, il y a un moment où on franchit une étape, où on se rend compte que le seul moyen d'être bien et en paix c'est de s'accepter avec ce qu'on est, sans attendre l'approbation de tous. Quoiqu'on fasse, on ne plaira jamais à tout le monde :) et plus que ça, c'est en étant auprès de personnes qui nous correspondent qu'on ne peut que s'épanouir et être au mieux.

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