Sourire à la vie

Ces mots me viennent alors que tu dors, profondément bercé par les bras de Morphée. Le sommeil de mon côté n'est pas encore venu me chercher, j'attends encore sur le quai de la gare des rêves, patientant pour mon tour qui ne saurait tarder. Blottie tout près de toi, je vois ta silhouette se dessiner alors que mes yeux s'habituent progressivement à l'obscurité. Alors, mes pensées voyagent, volent, s'échappent et se rejoignent. Je ne réfléchis pas vraiment ; à vrai dire je m'écoute simplement.
Je me remémore la journée dans un premier temps ; ce que j'ai fait, ce que j'aurais pu faire et ce que je ferais plus tard, demain ou un autre jour. Je repense à des choses et d'autres, du plus simple instant à d'autres interrogations qui me traversent l'esprit.
Et puis, je me laisse porter par le courant des émotions qui me gagnent peu à peu à mesure que j'écoute ta respiration endormie. Je repense à nos débuts, à l'image gravée de toi à jamais dans ma mémoire la première fois que je t'ai vu. 
Je te revois, lorsque tu m'as accueilli le premier jour.
Plein d'élégance, de respect et de chaleur. Tu t'es présenté ; tu m'intimidais beaucoup. Tu m'as expliqué dans quelles circonstances nous serions amenés à nous revoir, dans quoi tu interviendrai. Je t'écoutais, ravie de voir que tu avais l'air impliqué dans ce que tu faisais, dans ce que tu allais nous partager. Et... je crois que j'ai su. J'ai su que tu serais important dans ma vie. Je ne savais pas encore à quelle échelle, ni dans quelle mesure tu le serais, mais une petite voix intérieure me soufflait que tu aurais une place, quelque part.
Les jours ont passé, puis sont arrivées les semaines, les mois. Tu m'impressionnais encore beaucoup ; je me sentais étonnement fragile et "mise à nue" face à toi. Comme si tu connaissais déjà tout de moi. Tu avais cette distance respectueuse, cette attention sans être un seul instant intrusif. Je ne sais pas si tu t'en rendais compte, mais chacun de tes regards me donnaient la sensation que tu lisais tout de moi. Qu'allais-tu y voir ? J'avais peur, de ne pas être assez bien, peut-être. Petit à petit, je ne sursautais pas chaque fois que tu passais près de moi ; j'apprenais à calmer mes questionnements incessants. Avec toi plus qu'avec aucune autre personne, j'ai appris à être moi-même. A ne pas en avoir honte.

Je t'ai accueilli dans mon coeur et je sais que toi aussi.
Je repense à ta force, à ton courage, ta ténacité. Je revois aussi ta sensibilité, empreinte de tendresse, d'amour pour les êtres qui partagent ta vie. Je visualise très clairement ton éloquence, celle qui sait transmettre ta passion ; celle qui accueille, qui laisse des instants d'écoutes attentives. Celle qui laisse la place à la compréhension. Tu as tellement de connaissances, tellement de sagesse ; j'aimerai en avoir autant. Tu as vécu tant de choses, mais jamais tu n'as cessé de sourire à la vie, jamais tu n'as cessé de rire et de profiter de chaque instants ; et je sais que tu le fais de plus en plus. Tu as tant de choses à raconter, expérience d'une vie, et projets de moments à venir. Alors je sais que je t'écouterai, sans me lasser, attendrie par tes anecdotes et émerveillée par les endroits où tu es allé et que tu me décris si justement.

Comme beaucoup de personnes, la vie n'aura pas toujours été un long fleuve tranquille ; la vie ne t'aura pas toujours fait des cadeaux. Bien sûr rien n'est jamais tout noir ou tout blanc ; mais elle aura su se montrer dure avec toi, parfois injuste, parfois triste et parfois semée d'embûches ; tu as su les déjouer, non pas en usant de malveillance ou de méchanceté ; mais par ta force d'esprit et ta gentillesse à toutes épreuves.
Parce que oui, si la bienveillance et la gentillesse avaient un autre nom, ce serait le tien. Elles auraient ta douceur, elles posséderaient ta voix. Elles auraient tes yeux, ton toucher et tes paroles posées, mesurées, à la recherche constante de justice et d'équité.

Mes pensées flottent un instant, figées dans les secondes qui s'écoulent. Je t'écoute bouger dans ton sommeil, détendu et apaisé, reprenant des forces après ta journée de travail. Je savoure ces instants que je sais précieux, puisqu'aucun d'entre eux n'est éternel. Alors l'émotion me gagne tandis que j'écris ces mots. Ma main posée sur toi, légère comme un papillon, vient se poser contre ton coeur qui bat lentement, car mon coeur à moi a besoin de lui parler.
Mon coeur a envie de lui demander quel est son secret pour être toujours si doux, aussi attentionné. Il se demande comment après toutes ces années, dans les tumultes de la vie, il a pu garder le cap, comment il a pu conserver cette gentillesse qui l'anime ? Sait-il à quel point tout mon être l'admire pour tout ça ? Et surtout...  et là cette fois mon coeur le murmure comme un secret, ému et heureux à la fois : comment fait-il pour me faire éperdument tomber amoureuse de toi jour après jour ?

A toutes ces questions, je n'ai pas les réponses. Du moins pas comme on les imaginerait. Ton coeur bat en guise de réponse, ta respiration devient plus profonde, mais rien ne vient s'inscrire dans les ombres de la nuit, aucun magicien ne vient dessiner à l'encre des réponses puisque tu es là. Ta présence suffit à apporter toutes les réponses.
Je ne suis sans doute pas aussi forte que toi ; sans doute pas aussi sage non plus ; je sais que j'ai encore beaucoup de chemin à faire, beaucoup de choses à apprendre et à améliorer. Mais toi, mon amour, tu me rends meilleure jour après jour. Tu me fais briller, étinceler, tu me réconcilie avec mes défauts qui, finalement, constituent aussi une partie de ma personnalité.
Tu sais au final, quel est le message le plus important, celui que je chuchote à ton coeur, même lorsque tu es éveillé et que je suis dans tes bras ? C'est celui-là : jamais je ne laisserai la vie te faire du mal à nouveau. Maintenant que je suis à tes côtés, j'ai l'envie de te protéger, de te choyer et de te donner le bonheur que tu attendais sans y croire. Je ne dis pas que je suis parfaite, parce que personne ne l'est, mais je crois en la magie la plus puissante qui nous a unit. Je crois qu'on ne s'est pas rencontrés par hasard. Tout était écrit ; par une destinée ou... par nous.
Tous deux, main dans la main, nous sommes les reflets de chacun. Peut-être que nos âmes se connaissaient autrefois... et se sont retrouvées, plus heureuses que jamais.

Une chose est sûre, je sais qu'à présent la vie sera généreuse avec toi.
Après tout, tu lui as souri, à la vie.

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