Ce que j'ai (ré)appris à aimer

La vie est faite de changements, d'évolutions, de rencontres, parfois (souvent) imprévues. Elle est faite d'apprentissage, que ce soit sur le monde ou sur nous-même. On grandit, on mûrit, on a nos opinions, puis on en a de nouvelles. On a des certitudes bien établies, des convictions, qui viennent se nuancer au fil de l'âge ou au contraire se confirmer et s'affirmer. C'est ainsi, et pour tout vous avouer, je trouve ça formidable que la vie soit un apprentissage perpétuel, une découverte infinie de ses trésors et des leçons qu'elle peut nous inculquer. Je suis du coup assez d'accord avec le principe du "il ne faut jamais dire jamais"... parce qu'on ne sait jamais réellement ce que la vie nous prépare et comment notre mental et notre état d'esprit du moment va y réagir.

Aujourd'hui, j'ai décidé de partager avec vous cinq choses que j'ai appris ou réappris à aimer au cours de ces dernières années. Certaines m'étonnent moi-même, d'autres encore sont des plus rassurantes. Ce sont aussi ces petites choses du quotidien qui me prouvent (et j'espère vous aideront à vous prouver à vous-même !) que rien n'est jamais figé ; très souvent on arrive à faire la paix avec un élément qui nous déplait simplement en se sentant mieux avec soi-même. Et parfois, l'univers met sur votre route des rencontres qui font s'évanouir les aprioris que vous aviez ; vous redonne foi en vos rêves et vos espoirs.

✎ 1. Les oeufs

J'ai eu ma période où j'ai aimé manger des oeufs, notamment quand j'étais adolescente. Je les appréciais beaucoup au plat, ou encore sous forme d'omelette ; puis est arrivé un jour où je ne les aient plus supporté. Je ne saurais même pas vous l'expliquer, puisque j'ai beau chercher une raison rationnelle, je n'en trouve pas. Allez donc comprendre pourquoi un beau jour, je n'ai plus supporté en manger, ni même en sentir l'odeur pendant que quelqu'un de mon entourage en cuisinait. Tout ce qui avait a trait aux oeufs me faisait fuir et le seul moyen pour que j'en mange était lorsque je m'en servais pour la préparation de gâteaux... Autant vous dire que ça n'allait pas bien loin !
Et le temps a passé, puis mon aversion nette et stricte pour cet aliment s'est trouvée moins évidente. L'oeuf en tant que tel ne me répugnait plus, sans toutefois en manger pour autant, mais la voie de la réconciliation semblait déjà plus aisée. C'est en définitif grâce à ma moitié que j'ai franchi le pas : lui adorant les oeufs, je me suis laissée séduire ; j'ai voulu retenter le coup. La curiosité l'emportant sur l'entêtement, j'ai goûté et chose incroyable : j'ai aimé. Pour être honnête, c'est même parfois moi qui réclame à cuisiner des oeufs et je m'amuse comme une enfant à tenter de nouvelles méthodes de cuisson. Et c'est aussi ce qui a de génial, parce qu'ils peuvent réellement se savourer de multiples façons !

✎ 2. Les crevettes

Pour rester un peu dans un thème culinaire, j'ai vécu la même expérience avec les crevettes, de façon cette fois encore plus marquée. Il faut savoir que les fruits de mer et moi, ce n'est clairement pas le grand amour, je ne supporte ni l'odeur, ni le goût, ni rien dans ce qui peut provenir de la mer à part le poisson. C'est complètement hors de ma volonté, je ne peux juste pas. Seul un fruit de mer fait exception : les Noix de Saint-Jacques. Il fut un temps où cette exception était accompagnée par les crevettes... et puis un beau jour j'ai tout simplement refusé d'en manger. Ou d'en voir d'un peu trop près.
Pour le coup, j'ai l'explication de ce changement radical : je crois que j'ai été "traumatisée" une année lors du réveillon lorsque j'ai vu toutes ces crevettes n'attendant que d'être décortiquées. Ça me donnait des frissons rien que de les voir ainsi, sous leur plus simple apparat. Au final, ce n'était même pas leur saveur qui me dérangeait, mais bien de les avoir vues, réellement et non cuisinées... et je pense que même maintenant, ça me ferait le même effet avec n'importe quel aliment d'origine animale.
J'ai donc fait un petit bout de chemin sans croiser une seule crevette à l'horizon et ça m'allait très bien ; dans les restaurants je sélectionnais toujours les plats avec attention, ne voulant pas refaire la même expérience. 
Et j'ai fait la découverte de la chose la plus magique (quoiqu'un peu effrayante également) et délicieuse : les crevettes flambées au cognac, rhum, ou encore tout autre alcool. Spécialité d'un chéri qui cuisine de bonnes choses et qui m'a réappris à aimer les crevettes et même à me réconcilier avec cet aliment que j'appréciais beaucoup avant.

✎ 3. Mes cheveux

On a tous une partie de soi qu'on aimerait différente, plus jolie, moins imposante, plus comme ci ou comme ça... On n'a de cesse d'être critique envers soi (moi la première) ou d'être trop exigeant. Et si, pour un instant, on essayait de trouver du positif dans ce qu'on critique tant de fois ?
Pour ma part, j'ai entretenu pendant longtemps une relation compliquée avec mes cheveux et j'ai mis bien longtemps avant de les apprécier à leur juste valeur. "Faute" à une mixité ethnique bien présente (dont je suis fière !), mes cheveux n'ont pas su exactement quelle forme prendre au cours de ma jeunesse et de mon adolescence. Petite fille aux cheveux très noirs, épais mais raides, j'ai grandi avec la même épaisseur (si ce n'est plus) et des cheveux non plus raides mais frisés et surtout... indomptables. Clairement, ça a été un de mes plus gros complexes, surtout lorsque vous côtoyez des personnes qui au contraire possèdent une chevelure lisse, sans prise de tête. Alors j'ai tout essayé : lissage brésilien (que je ne recommande pas pour ma part, j'ai eu les cheveux très abîmés et je l'ai regretté un moment), utilisation forcenée d'un fer à lisser... bref, j'essayais de les changer par tous les moyens.

Ça a finalement été ma plus grande erreur que de vouloir les changer, alors que je pouvais simplement les accepter et surtout : les chouchouter ! Il faut dire que ce n'était pas chose facile quand même les coiffeurs s'accordaient à dire que mes cheveux étaient difficiles, qu'ils s'emmêlaient trop facilement, qu'ils étaient beaucoup trop secs ; et bien sûr, travailler cette chevelure, ne serait-ce que pour une coupe, mettait un temps considérable ; même pour eux.
Finalement, le temps a passé, mes envies se sont modifiées. Ma personnalité avait changé et je ne faisais plus une fixation sur les cheveux lisses ; après tout, il existait bien des chevelures bouclées magnifiques ! J'ai décidé de les laisser pousser, moi qui les avait courts depuis quelques années mais qui n'osait pas les avoir longs par crainte d'un entretien trop intensif. J'ai aimé, réellement, ma longue chevelure de princesse, avec ces boucles qui finissaient par me plaire de plus en plus. J'ai appris à comprendre leur fonctionnement, ce qu'ils aimaient et ce qui les rendaient moins sympathiques. A la manière d'un vêtement que l'on choisirait selon ses goûts mais aussi sa morphologie, les cheveux sont pareils. Ils ont besoin d'attention, de soins spécifiques en fonction de leur nature, d'être coiffés d'une certaine façon... Il suffit d'accepter ce qu'ils sont et de les sublimer.
Au final, je crois que ce qui m'a redonné confiance en moi et en mes cheveux, c'est lorsque j'ai décidé de les couper de nouveau, quand j'ai eu envie de marquer le changement... et d'avoir trouvé un coiffeur visagiste qui a su comprendre ces cheveux bouclés. Ce qui en est ressorti, c'est qu'ils n'étaient ni anormaux, ni impossibles à travailler, ils avaient simplement leurs besoins spécifiques comme tous les autres cheveux. Le plus génial ? Pour la première fois j'ai entendu dire d'un coiffeur que j'avais de beaux cheveux... et ça, ça n'a pas de prix !
Mon plus grand conseil est donc de ne jamais vous laisser influencer par les autres lorsqu'il s'agit d'une partie de votre corps, d'une partie de vous. Vous méritez souvent bien plus que ce que vous croyez...

✎ 4. Prendre soin de moi

Je pense que ce point-là est bien plus courant qu'il n'y paraît ; hélas la vie étant ce qu'elle est, on a souvent beaucoup de temps pour les autres et pour les obligations, mais dès qu'il s'agit de soi, on a vite fait de s'oublier. Et pour un peu qu'on soit généreux, empathique et à l'écoute des autres, alors on se laisse entièrement de côté. Je l'ai appris à mes dépens et j'ai entendu (à mon grand désarroi) de nombreuses femmes me dire qu'elles n'avaient jamais pris de temps pour elle ; qu'elles se rendaient compte seulement maintenant que c'était une erreur et qu'elles devaient le faire désormais.
Etre présent pour les autres, avoir un grand coeur sont des qualités formidables à mes yeux ; mais il faut également se trouver des moments rien qu'à soi, d'une part parce que tout le monde le mérite ; d'autre part parce qu'il n'est pas humainement possible de tout porter sur ses épaules. A trop tirer sur ses ressources sans jamais s'écouter, arrive le moment où le corps se manifestera d'une façon ou d'une autre, comme un rappel à l'ordre qu'il faut penser à vous.
Pour ma part, ce qui m'a bien aidé à faire la part des choses c'est définitivement lorsque j'ai intégré la formation d'esthétique puis en suivant, ma formation de SPA praticienne où j'ai appris à relâcher ; à ne plus tout contrôler tout le temps ; à apprécier tout simplement qu'on prenne soin de moi l'espace d'un instant. Ce n'est pas toujours simple et le travail peut vraiment être long selon les personnes. Peur de déranger, culpabiliser par crainte d'être égoïste, penser qu'on n'est pas méritants... et encore tant de choses qui peuvent nous tirailler. Rappelez-vous qu'il n'y a aucune culpabilité à se sentir bien, jamais ! De quel droit devriez-vous vous sentir mal ; de quel droit ne pourriez-vous pas profiter de la vie, vous aussi...?

✎ 5. A aimer

Une rencontre qui a tout changé.
La certitude d'avoir trouvé son âme soeur.
La douce chaleur d'aimer de tout son coeur et d'être aimée en retour.
Ce sont toutes ces choses que j'ai appris, réappris même pour être honnête, puisque "aimer" peut s'avérer très simple lorsqu'il s'agit d'amour universel pour l'être humain en général ; d'aimer sa petite soeur de toute son âme ou aimer ses parents. Qu'en est-il de l'amour entre deux personnes qui se rencontrent au cours d'une vie ? Qu'en est-il de deux âmes à l'écoute l'une de l'autre ?
J'ai toujours été, d'aussi loin que remontent mes souvenirs, une jeune fille romantique, qui avait une vision et des valeurs très ancrées pour ce qui est de l'amour. Fleur bleue, peut-être un peu vieux jeu aussi je ne sais pas, je rêvais de rencontrer le prince charmant et d'éprouver cet amour décrit dans tant de films et de romans. Etait-ce LE but à atteindre ? Ce n'était évidemment pas le seul et l'unique, mais au fond de moi je gardais cette petite bulle de rêve où j'étais une femme heureuse auprès de l'être aimé. Et étonnamment, je n'ai jamais cherché à le trouver, persuadée que les choses venaient à point nommé et je continue de le croire. 
Forcément, de nature gentille et rêveuse, j'ai aussi connu la désillusion. Mais je ne peux qu'éprouver de la gratitude pour cette expérience que la vie m'a fait connaitre, puisque ce n'était que pour m'amener à ce qui m'attendait depuis, semble-t-il, assez longtemps. Il était là, et je sais que nous étions faits pour se retrouver.
A toutes celles et à tous ceux qui désespèrent à l'idée de ne jamais rencontrer leur moitié, ne perdez pas espoir, car tout arrive : écoutez-vous et gardez les yeux ouverts à la vie.

Et vous, qu'avez-vous appris ou réappris à aimer ?

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