Un dîner magique chez Michel Sarran

Mon amoureux et moi, nous sommes définitivement de bons mangeurs, ou comme qui dirait des bons vivants. Cuisiner, tester de nouvelles choses, s'extasier devant des plats salés ou des gourmandises sucrées, c'est un peu notre truc à nous. D'ailleurs, c'est bien simple, nos différentes escapades ne peuvent décemment pas ne pas être ponctuées de découvertes gustatives ; on retient d'ailleurs de nos vacances en Espagne un restaurant particulièrement savoureux, qu'on se fera sans doute un plaisir de retenter la prochaine fois qu'on y retournera.
Mais aujourd'hui je ne suis pas là pour vous parler de la chaleur de l'Espagne et de ses mets, mais bien d'une soirée magique, mon cadeau pour l'anniversaire du chéri, dans un endroit que je rêvais d'essayer et vraiment pas loin de chez nous...
Parce qu'en plus d'aimer manger, nous sommes des assidus de l'émission Top Chef ; c'est bien simple, on n'en loupe pas la diffusion et si c'est le cas, on la rattrapera assez vite en replay. Les voir concocter de bons plats, innover constamment, se mettre au défi de toujours faire mieux ; je pense que je peux dire que ça nous plait pas mal. Et vous l'aurez compris, le chef que l'on préfère parmi les différentes brigades, c'est bien Michel Sarran. Et comme on est vraiment pas très loin, c'était l'occasion rêvée d'essayer cette pépite de la gastronomie française dans ce restaurant situé dans un quartier calme de Toulouse.
Honnêtement, rien que les premiers instants ont été magiques, comme irréels. Pour mon chéri, ce n'était pas son premier restaurant un peu prestigieux ; pour ma part, j'ai réellement découvert pour la première fois cette ambiance et cette qualité réservée à cette grande gastronomie française. L'entrée du restaurant est sobre, modeste mais follement élégante (je n'ai pas pensé à vous prendre des photos, désolée !). Lorsqu'on arrive dans le hall, vous êtes directement accueilli et pris en charge ; on se sent déjà privilégiés. C'est à l'étage qu'on nous a alors guidés, dans un cadre encore une fois tout en délicatesse et élégante à souhait : tables rondes et nappes blanches, luminaires disposés au-dessus de chacune d'entre elles et décorations à base de sphères transparentes suspendues au dessus de nous... Chic et classe sont deux mots très justes pour décrire les lieux.
Autre point à noter qui m'a surprise dès les premières minutes : le calme ambiant de la salle où nous étions. L'ambiance était ainsi intime, feutrée, tout le monde semblait à la fois admiratif et respectueux de cet endroit singulier et j'ai tout simplement été scotchée. Même si j'adore la nourriture, comme je vous l'ai dit c'était bien la première fois que je mettais les pieds dans un restaurant aussi haut de gamme ; c'était à la fois impressionnant et merveilleux.
Et alors, le ballet commence. Les serveurs arrivent, se déplacent avec aisance, comme une danse. Ils posent et disposent, s'occupent de chaque clients en énonçant distinctement l'arrivée du menu, la sélection des vins avec le sommelier et vous servent à boire sans relâche. En parlant de vin, celui que le chéri a choisi était à tomber ; un coteaux-des-layons, sucré, on aurait dit un bonbon pétillant avec pleins de saveurs. J'ai par ailleurs découvert que mon amoureux s'y connaissait un peu mieux en vin que ce qu'il me disait : j'ai été fière et admirative de l'écouter faire son choix, avec des termes qui, pour moi, m'étaient tout à fait étrangers.
Première étape avant de commencer le repas et pour patienter, la mise en bouche. Déjà, les papilles se mettent à travailler, essayant de reconnaître les saveurs énoncées par le serveur ; un travail avec le gorgonzola ou encore un petit chou fourré aux anchois. Tout est bon, tout est étonnant de justesse et on a déjà hâte de découvrir le repas. Chacune de ces préparations, comme les suivantes, se dégustent en étages, comme une poupée russe de saveurs successives.
Puis arrive un trio étonnant, encore une fois avant de déguster les mets principaux ; une bière de tomate, incroyable et délicieuse : on a l'impression de manger de la tomate fraîche, mais sans aucune mâche, uniquement l'aspect liquide du jus du fruit ; rien à voir avec un jus de tomate comme on pourrait l'imaginer. La "mousse" quant à elle, s'avère être de la mozzarella travaillée et le mariage est forcément parfait. Juste à ses côtés, une petite bouchée avec un oeuf de caille, caviar et son croustillant dessous. C'est fondant et croquant à la fois, c'est donc assez unique en bouche. Puis le "classique" gyoza (un ravioli japonais) fourré à la saucisse de Toulouse. Ce dernier était vraiment généreux, brillant et savoureux.

Le restaurant fonctionne sur un principe de menus uniques : un pour le déjeuner et les jours fériés ; un autre réservé uniquement pour le dîner (et un peu plus généreux !). Il y a également une sélection à la carte, mais pour cette occasion spéciale c'est sur le menu du soir que j'avais fait mon choix ; bientôt suivi de l'amoureux lorsqu'il a su ce qui l'attendait.

En entrée, nous avons donc eu tout un travail sur la langoustine. Moi qui ne suis pas friande des fruits de mer comme déjà dit dans cet article, je peux vous dire que j'ai été à nouveau charmée et définitivement réconciliée avec eux ! Le carpaccio de langoustine était tout simplement à se damner, fondant, relevé juste comme il faut avec la pointe de sel et sa marinade. Sur une seconde assiette était présenté un crémeux où baignait des petits morceaux de langoustine, là aussi moelleux à souhait et définitivement gourmands. Pour finir, un beignet panko (chapelure japonaise), plus "classique" puisque moins étonnant (mais tout aussi bon !) accompagné de wakame, qui est une algue asiatique, très reconnaissable à sa couleur très verte.

Le second met est servi, avec l'une des pièces que j'ai préféré du repas je crois ; en effet cette fois on nous a apporté le repas sous cloche, orchestré habilement par les serveurs qui, une fois l'assiette posée, soulevaient la cloche pour nous laisser contempler le rouget fumé (avec réellement du rameau de vigne en train de fumer dans l'assiette, oui oui). Une fois la cloche ôtée, c'est un autre serveur qui arrive pour y ajouter la sauce, ainsi qu'une sorte de soupe présentée dans un galet de la Garonne...
Et cette soupe, je peux vous dire que c'était tout bonnement une merveille pour les papilles ! Si j'ai adoré le rouget, sa cuisson parfaite et sa sauce où le poisson était bien présent, j'ai décidément eu un coup de coeur pour cette soupe qui, si elle était travaillée à base de poisson, nous a fait beaucoup penser à délicieux jus de viande.

Et justement, la viande est arrivée avec le mets suivant ; un nouveau coup de coeur partagé avec le chéri pour ce boeuf-carotte revisité avec du gingembre. Le crémeux carotte gingembre était addictif et apportait réellement un plus à la viande, cuite à la perfection et avec une saveur assez incomparable. Le boeuf, en plus des carottes, était accompagné de riz frit, aux inspirations japonaises comme sur le reste du dîner et à nouveau la surprise était de mise tant le riz était riche en saveurs.

Puis est venu le temps des cathédrales de choisir sa sélection de fromages ; un moment qu'on attendait puisqu'on se demandait si nous aurions l'occasion de choisir les fromages sur le plateau ou si on nous réservait au contraire un choix prédéfini ; et c'est avec plaisir que nous avons découvert ce fameux plateau tant attendu et qui faisait, il faut le dire, bien envie.
J'ai personnellement choisi de prendre deux morceaux de chèvre (je ne saurais vous dire les noms...), du brebis ainsi que du Saint-Nectaire (miam !), avec en accompagnement des noix, de la confiture de cerise et du pain à la figue. Mon chéri lui s'est arrêté sur du Saint-Nectaire également, du Cathare (un fromage de chèvre cendré) ainsi que du charolais ; avec comme moi de la confiture de cerise et du pain aux noix.
Si on commençait à se dire depuis un moment qu'on avait sacrément bien mangé, c'était sans compter le final avec le dessert autour de la fraise. C'est un fruit que j'aime personnellement beaucoup, j'avais donc hâte de voir ce que le chef nous réservait.

Déjà, arrêtons nous un instant sur la beauté du dessert, c'est tellement joli ! La fraise en bonbon était brillante, posée sur son lit de "neige" d'huile des orgues. Pour cette première revisite, je m'attendais à quelque chose avec beaucoup de consistance, beaucoup de mâche puisque ça se tenait tout seul... et en fait pas du tout, j'ai eu l'impression qu'à peine dans la bouche le tout fondait, c'était assez drôle et très surprenant. Quant à la neige, je n'ai là aussi jamais vu cette texture auparavant, c'était une expérience assez unique.
Si le travail était là audacieux et innovant, la suite était par contre bien plus naturelle, se voulant respectueuse du fruit frais ; il était en revanche complètement sublimé par la marmelade de cédrat et de vanille que j'ai fini jusqu'à la dernière goutte.
Forcément, puisque le dîner avait commencé par une mise en bouche, il s'est terminé un peu de la même façon : des petites bouchées à la menthe, au café et à la fraise. C'était parfait et juste ce qu'il fallait pour terminer en beauté.
Si ce moment aura été une véritable expérience à vivre et que je sais qu'on en gardera un souvenir impérissable, je retiens également de cette soirée une rencontre que je rêvais (secrètement... ou pas) de faire...
On a eu la chance de rencontrer le chef Michel Sarran en personne ; et par la même occasion de découvrir un homme humble, discret et reconnaissant ; aussi humain que ce que l'on en voit à la télé, et ça, ça n'a pas de prix. On le voit d'ailleurs à mon sourire radieux que j'étais comme une gamine qui rencontre une idole, et je peux vous dire sincèrement qu'au fond, je ne faisais pas ma maligne ! C'était complètement fou, incroyable et j'ai encore de la peine à croire qu'on l'a rencontré pour de vrai ; c'est définitivement cette photo qui me prouve que j'y étais. Rencontrer ce chef si renommé, si souvent vu dans les différentes saisons de Top Chef, c'était pour moi (et pour l'amoureux aussi), quelque chose de complètement inespéré, comme un rêve d'enfant inaccessible.
Si on aurait clairement voulu pouvoir lui parler davantage (c'est peut-être notre seul "regret", puisqu'il est arrivé au moment où l'on choisissait les fromages) je suis au moins sûre d'une chose, c'est que les mots qui ont été dits, cette photo, les sourires échangés et la chaleur de cet homme généreux et plein de modestie laisse un souvenir des plus mémorables. C'est une émotion à nulle autre pareille et je suis reconnaissante pour tout ça ; et d'avoir pu offrir, nous offrir, un souvenir que l'on gardera chaudement dans notre coeur et notre mémoire.

Merci Chef. Merci pour ces moments.

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