S'accepter sans maquillage

Pour beaucoup de personnes, le maquillage est synonyme de plaisir, comme lire un bon livre ou pratiquer une de ses activités préférées. Pour d'autres encore, c'est une réelle passion : être au courant des dernières sorties makeup, des nouvelles tendances, des nouvelles méthodes pour sublimer son teint ou le définir. Apprécier le maquillage en tant que tel est un apprentissage et un renouvellement permanent ; on peut difficilement s'ennuyer avec tout ce qui se fait en ce moment.
Malheureusement, pour un certain nombre, le maquillage peut aussi servir à masquer ses complexes ; c'est le reflet que l'on aimerait voir en se réveillant, le reflet que l'on aimerait voir tout le temps à nos côtés ; le reflet d'une blessure plus profonde que les cicatrices que l'on souhaite dissimuler, car il fait écho à un cruel manque de confiance en soi. C'était en tout cas, pour moi, ce que le maquillage a fini par représenter durant un temps.
Cet article n'a pas pour but d'être moralisateur ou de boycotter le maquillage ou encore pointer du doigt ceux qui en portent : très loin de là. Loin de moi l'idée de me faire juge des goûts de tout un chacun, tout le monde est libre de faire ce que bon lui semble. En revanche, je veux vous partager un bout de mon parcours et vous faire voir que si le maquillage n'a que du bon, c'est dans son utilisation qu'il faut être attentif afin que ça n'en devienne pas néfaste et qu'il n'en devienne pas un masque derrière lequel se cacher de nos peurs.

✧ Le maquillage, du plaisir à la contrainte

En tant qu'esthéticienne à la base et friande de découvertes, j'ai toujours trouvé le maquillage fascinant ; il est incroyable de voir ce que l'on peut faire avec simplement du produit appliqué sur le visage, selon différentes étapes. Affiner un nez, redonner du bombé à des pommettes, allonger les cils, rendre le regard plus profond, des lèvres plus pulpeuses... Hormis le maquillage "classique", il y a aussi tous les types de maquillage artistiques, le body-painting également qui sont souvent très impressionnants et démontrent d'un grand talent et de beaucoup de technique.
J'ai personnellement commencé à m'intéresser au maquillage grâce aux vidéos de Michelle Phan, beauty guru qui a été pendant longtemps ma référence en la matière grâce à ses connaissances et à sa capacité à se transformer en un rien de temps. Le maquillage était pour elle un moyen de révéler la beauté mais aussi et surtout d'exprimer sa créativité et c'est ce que j'adorais avec cette facette du maquillage. J'aimais le maquillage pour l'art qu'il représentait, puisque moi-même je ne me maquillais que très peu et en de très rares occasions. Si mes souvenirs sont exacts, j'ai commencé à porter du crayon et un peu d'anti-cernes (mon plus grand complexe) vers l'âge de 17 ans et parce que je commençais à côtoyer le milieu professionnel de par mes stages. J'ai eu de la chance de ne jamais avoir d'acné, donc je n'ai pas connu ce complexe de vouloir masquer ses boutons à tout prix ; en revanche au fil du temps, j'ai commencé par trouver ma peau trop terne ; à ne plus supporter mes cernes que j'ai depuis (presque) toujours ; de ne pas aimer mes cils naturellement plats ; et à finalement ne plus m'aimer au naturel, regrettant le moment où je passais à l'étape du démaquillage.

Moi qui me trouvait moche et sans intérêt au naturel, avec mes cernes et mon teint terne, je me redécouvrais une fois passée par le maquillage. J'étais plus femme, plus confiante, prête à affronter le monde extérieur. Pour ce regain de confiance, le maquillage est une bonne thérapie à mon sens, puisqu'il aide à mieux se connaitre, à mieux appréhender les traits de son visage ; mais lorsqu'il devient indispensable au quotidien, jusqu'à s'en sentir mal sans, alors c'est qu'il y a un problème quelque part. Même lorsque le maquillage a commencé à être présent du tout début du réveil (même avant le petit déjeuner) jusque juste avant d'aller me coucher, je n'ai pas saisi que tout ça n'était pas très sain.

✧ Chemin vers l'acceptation

Je crois que le plus efficace pour me diriger sur ce chemin auront été mes années à l'école d'esthétique. Fraichement arrivée avec mon maquillage, vernis au bout des ongles, la première étape que j'ai dû franchir fut de tout enlever ; en effet, j'allais masser, donc interdiction de porter du vernis et d'avoir les ongles longs sous peine de griffer son modèle. En rentrant chez moi en sachant cela, je me suis sentie étonnamment mal : comme si on me retirait une partie de moi-même. Passée l'émotion, je me suis trouvée ridicule... est-ce que je n'étais définie que par mes ongles longs et mon vernis bien appliqué ? Etais-je devenue superficielle sans m'en être rendue compte ? Sans plus y réfléchir, j'ai passé un morceau de la soirée à retirer consciencieusement mon si joli vernis et à raccourcir mes ongles proprement. Mes mains n'avaient clairement plus la même apparence... mais elles étaient comme ça, au naturel. Je ne les reconnaissais pourtant pas. Cela faisait depuis si longtemps que mes ongles n'avaient pas été à nu comme ça que je les redécouvrais complètement.

Puis le temps a passé et sans que je m'en aperçoive, le malaise avait disparu. Ces ongles que je cachais sous ce vernis parce que je n'aimais pas mes mains, se sont sentis bien mieux sans rien. J'avais découvert qu'à force de maquillage et de démaquillage, ils étaient devenus cassants, se dédoublaient, avaient jauni.... à l'heure actuelle, ça fait bien longtemps que je n'en ai plus remis et ils ne se sont jamais aussi bien porté.
Pour ce qui est du maquillage porté sur le visage à présent, mes années d'études m'auront permis de mieux comprendre mon image ; de mieux me maquiller également. Parce que si j'en utilisais avant d'intégrer l'école, il n'était en fait pas très joli, puisque je ne soulignais pas mon regard mais l'alourdissait à grands coups de liner. Je me suis mieux maquillée, me mettant mieux en valeur ; et paradoxalement à force d'arriver en cours sans aucun maquillage pour laisser le tableau "vierge" pour la praticienne, ou encore parce que je savais que le maquillage que je portais aller disparaitre après une matinée à me faire masser... et surtout en côtoyant toutes ces filles, si belles au naturel, j'ai fini par envisager que ça pouvait être tout à fait acceptable que je sorte, moi aussi, sans maquillage.

✧ Savoir faire la différence entre envie et besoin

Si je vous raconte tout cela, ce n'est pas pour vous inciter à ne plus vous maquiller du tout, en reléguant le maquillage en place de "cache-misère". Ce n'est également pas un chemin que tout le monde prendra, et certainement pas de la même manière non plus. En revanche, à travers mon petit parcours à moi, j'aimerais vous faire réaliser la différence qu'il peut y avoir entre avoir envie de se faire belle, l'envie de se pomponner pour soi ou pour les autres ; et celle d'en avoir besoin parce qu'on ne sait pas comment faire sans, jusqu'à en ressentir un mal-être.

A aucun moment, le maquillage devrait être un moyen de camoufler ce que nous sommes. Il doit pouvoir sublimer, parfaire, il est dans la plupart des cas aussi un coup de boost pour le moral ; ce qui est bien normal. Mais pour être au mieux dans ses baskets et mettre de côté ses complexes, il est bon à mon sens de se sentir jolie, sans avoir l'impression d'être "illégitime" ou "anormale" sous prétexte que l'on ne porte pas de maquillage. Si vous vous sentez belle avec du maquillage, pourquoi ne ressentiriez-vous pas la même chose sans ? C'est votre visage, c'est le même sous cet apparat, il n'est pas plus étranger sans lui. 

Le maquillage a de formidables capacités ; j'aime m'amuser avec les textures et les couleurs. C'est joli, ludique et flatteur ; mais il ne doit pas pour autant me faire oublier celle que je suis sans tout cela. Oui, j'ai des cernes, mais ce n'est pas la mort n'est-ce pas ? Mes cils ne sont certes pas aussi recourbés que lorsqu'ils ont du mascara, mais ils sont ainsi et ils ne s'en portent pas mal pour autant. Ma peau n'est pas aussi radieuse que lorsqu'elle est maquillée, qu'à cela ne tienne : c'est mon sourire qui s'en chargera pour elle.
On a tous des petits ou grands complexes ; mais on a aussi tous des petites choses qui font la différence. Que ce soient nos yeux pétillants ou notre sourire, nos petites manies ou notre rire... Il suffit de les voir et d'apprendre à avoir confiance en soi.

Et vous verrez que vous vous sentirez bien mieux lorsque vous déciderez de vous maquiller par envie et non parce que vous vous y obligez. Et quoiqu'il en soit...
N'oubliez pas que vous êtes belles.

*N.B : si vous êtes un peu attentif, vous remarquerez que sur certains articles où j'apparais, je ne porte effectivement pas de maquillage... et c'est une de mes plus grandes fiertés !

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