Se donner de l'importance

Combien sommes-nous à nous juger sévèrement ? Hommes comme femmes, nous ne sommes jamais assez bien, pas assez extraverti(e), trop ou pas assez ambitieux ; timide, rêveur, grand(e) ou petit(e) ; fin(e) ou avec des rondeurs ; téméraire ou casanier.
Combien sommes-nous à se croiser dans le miroir et y noter "ce qui ne va pas" ? Des cheveux défaits, un maquillage imparfait, un nez trop grand, un bouton disgracieux, oh et ces kilos en trop et cette robe qui semblait si bien aller au modèle sur ce site internet et qui sur nous... nous fait ressembler à un sac à patate.
Combien sommes-nous à ne pas oser, à ne pas s'assumer ? Bien trop.
Combien sommes-nous à s'aimer, avec bienveillance, avec nos petits défauts et nos manies ? Sans doute pas assez.

Récemment, je regardais à la télé un reportage sur l'importance de savoir faire des choses seul, comme par exemple aller au restaurant, voir un film au cinéma, se promener seul... J'ai trouvé ça très intéressant puisque dans notre société, une personne seule dans un endroit public donne lieu à des sentiments de compassion, de pitié ; de tristesse ou de questionnement à son égard. Pourquoi cette personne est-elle seule ? N'a-t-elle pas d'amis ? Aurait-t-elle besoin de compagnie ? Est-elle triste, en dépression, est-elle insociable, marginale ?
Et si, en réalité, cette personne appréciait simplement sa propre compagnie ?

Si je vous parle de ça, c'est bien parce qu'il n'est pas toujours simple de s'assumer pleinement ; de faire face aux jugements des autres. C'est quelque chose de naturel, lié à un instinct profond ; celui d'avoir l'approbation des autres pour être accepté, pour faire partie intégrante d'un "tout". Ce besoin d'approbation, ou devrais-je dire également de reconnaissance est lié très fortement à la construction de l'identité, qui débute dès la plus petite enfance. C'est quelque chose d'un peu primitif, d'inconscient, mais de bien présent plus ou moins en chacun de nous. Par ce besoin d'être "validé" dans nos décisions, on s'en remet irrémédiablement au regard des autres ; proches comme inconnus.

Si c'est quelque chose de relativement normal et même de logique dans la période où l'on grandit (enfance) et où l'on se cherche (adolescence), en revanche si ce besoin perdure dans le temps il peut s'avérer finalement assez néfaste. Il n'est alors plus vraiment lié à cette quête d'identité mais à un manque d'assurance et de confiance en soi.
Alors que faut-il faire ?
... Il faut se donner de l'importance.

En grandissant, en prenant de l'âge, on apprend petit à petit à mieux se connaître : ce qu'on aime ou n'aime pas, on cerne nos valeurs, ce qu'on accepte facilement et moins aisément. Alors, à force de situations différentes, de cas de figure variés, dans ces moments où l'on se sent bien ou non : on apprend à s'écouter, à se comprendre ; à se respecter. C'est bien cette notion de respect qui est importante, puisque tant qu'il y a lutte entre ses envies et besoins et ce que nous faisons pour plaire aux autres, il ne peut pas y avoir de notion de paix avec soi-même. Alors forcément, et c'est un cercle vicieux, on cherchera à l'extérieur l'amour que l'on arrive pas à se donner soi-même.

Parce que cette quête d'identité, en vérité, est au fond de soi, le Soi intérieur, le vrai et celui qui sonne l'alerte dans l'espoir d'être entendu. Et pendant que nous le cherchons en-dehors, que l'on se juge méthodiquement dans le miroir qui nous renvoie cette image imparfaite, on oublie qu'il faut inverser ce miroir et y renvoyer ce qu'il y a en nous ; ce qu'il y a de plus beau.
L'identité se forme avec les besoins profonds, avec vos valeurs ; il est donc effectivement des plus importants de vous aimer, de prendre soin de vous ; de trouver votre voie. Pour vous, et parce qu'elle vous fera vous sentir bien, comme si tout était déjà écrit. Le chemin peut parfois être compliqué, semé d'embûches puisqu'il faudra se confronter à l'avis de l'entourage, de ces autres, si on va dans le sens contraire de leur propre avis... Mais après tout, c'est votre chemin, et ça personne ne peut le choisir à votre place.

Si j'ai personnellement beaucoup appris, pour finir par trouver ma voie, celle qui semblait m'attendre depuis longtemps, j'en reste une jeune femme comme une autre ; avec ses moments de doute et d'incertitude. J'aimerais pouvoir vous dire que je suis une personne parfaitement sereine et 100% en accord avec moi-même, qui n'éprouve jamais d'inquiétude quant à ses choix ; j'aimerais pouvoir vous affirmer que je me sens toujours parfaitement bien sans me soucier du jugement des autres mais ce ne serait pas être honnête. Ces conseils que je vous donne, ce sont aussi ceux d'une femme qui a appris à s'aimer... et qui ne cesse de s'améliorer dans ce travail. Parce que c'est aussi ce qu'il y a de génial et d'intéressant dans la vie, on ne cesse d'apprendre ; de grandir.
Ne culpabilisez donc pas si vous avez des moments de moins bien, où vous vous sentez le moral un peu bas : ça arrive à tout le monde, le plus important étant de se dire que ça ne dure pas ; que demain sera un jour meilleur. Prenez soin de vous, ressourcez-vous dans ce qui vous fait du bien.

Vous méritez le meilleur ; vous méritez d'être bien traité.
Vous êtes ce qu'il y a de plus important.

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